Intelligence financière

La problématique des dons dans nos églises

Marie Lydie ADON
Ecrit par Marie Lydie ADON

Le don au sein des églises suscite certaines questions telles que : A qui donner ? Comment donner ? Quoi donner ? Ou encore quand donner ?

Notons-le, le don est défini comme une chose ou une somme d’argent que l’on offre à quelqu’un. Il occupe une place non négligeable dans la chrétienté. Il se présente sous diverses formes à savoir l’offrande, la dime, l’aumône, l’assistance matérielle ou financière aux démunis, veuves et orphelins. Il intervient dans le cadre des appels à contribution pour une croisade d’évangélisation, la construction des édifices religieux, la rémunération du clergé en charge des églises… Ainsi chaque chrétien est emmené au cours de sa marche à donner pour une raison donnée. Cependant, tout don dans le cadre chrétien doit être libre et volontaire, il doit se faire avec joie et sans contrainte ni regrets (Deutéronome 15v10). Le don doit être surtout précédé de la charité (1Corinthien13). Cette mise au point faite, intéressons-nous à un sujet particulier afférant aux dons.

« En tant que mère par exemple, refuser de participer à un appel de fond lancé par le pasteur serait-ce un péché dans le cadre ou je n’ai que 10 000 F CFA pour nourrir mes enfants et aussi leur assurer les moyens de transport pour l’école ? ».

A première vue, cette préoccupation nous rappelle l’histoire de la veuve de Sarepta (1Rois 17v9-16), cette dernière ayant accepté de nourrir le prophète Elie alors qu’il ne lui restait qu’un dernier repas à partager avec son fils lors d’une grande famine. Il est important de noter qu’il n’est pas du tout aisé pour des parents de voir leur progéniture dans la souffrance. Alors comment doit réagir cette mère étant donné qu’elle priverait ses enfants de nourriture et voire d’école si elle faisait don de ce qui lui reste à l’église ? Plusieurs d’entre nous à l’instar de cette mère avons été ou sommes parfois confronté à un tel dilemme. Pour certains, il s’agit de faire don de la somme qu’il leur reste pour le transport une fois le culte terminé, pour d’autres il s’agit encore de la ration du mois ou des moyens mis à part pour une ordonnance médicale. Que faire dans ce cas étant donné que cet appel vient de l’église ? Comment faire pour ne pas avoir le sentiment de mentir à Dieu au cas où nous choisissons de ne pas donner ?

Face à ce dilemme et surtout dans le cas précis de cette mère, tout peut se faire sur la base de la foi, de la sagesse et aussi du discernement.

En premier sur la base de la foi, en donnant, cette mère met ainsi Dieu à l’épreuve (Malachie3v7-12). Il s’agira alors pour elle de montrer à notre Dieu combien de fois il est important de contribuer à son œuvre quelles que soient les conséquences immédiates et lointaines. Elle emboitera ainsi le pas à Abraham qui ne refusa pas de donner au Dieu sacré des hébreux Isaac son unique fils (Genèse 22v1-18). Certainement notre Dieu honorera sa foi en prenant soin d’elle et de ses enfants tel qu’il le fit pour la veuve de Sarepta.

En second lieu, sur la base de la sagesse étant donné que Dieu nous invite à prendre soin de nos proches car celui qui n’a pas soin des siens est pire qu’un infidèle a dit la bible (1 Timothée 5v8). Jésus lui-même nous a enseigné à entreprendre des calculs avant de construire (Luc 14v28). Sur ce, nous disons que quelle que soit la somme demandée par le pasteur, il existe plusieurs méthodes de nos jours dans les églises. L’une d’entre elle consiste à faire une promesse pour les jours à venir et l’autre à faire une répartition du don sur une certaine période jusqu’au versement total. Il est vrai que plusieurs personnes rendent témoignage après avoir donné tout ce qui leur restait, cependant il est bon de savoir que cela n’arrive pas automatiquement ni tous les jours. Alors il est parfois opportun de planifier les dépenses.

En troisième lieu, sur la base du discernement. Nous ne voulons certainement pas mettre en cause l’ensemble des hommes de Dieu mais sachons-le, l’évangile du matérialisme ou de la prospérité gagne du terrain. Alors tout appel de fond n’est pas forcément une volonté divine. Plusieurs le font en réalité pour leurs besoins personnels. Alors il est bon de discerner quelle est la volonté de Dieu en toute chose avant de faire un don. Bon nombre de chrétiens ayant voulu en toute occasion faire des dons ont été des victimes d’usurpateurs. Dès lors le discernement s’impose.

Au regard de l’histoire de Ananias et Saphira (Actes 5 v1-10), cette mère est en droit de se demander si elle commet un péché. Toutefois, imposer la faim à sa progéniture est-il de la volonté de Dieu ? Cette préoccupation nous emmène à évoquer l’histoire d’un fidèle qui pendant une fête de Noël s’empressa de faire plusieurs dons (riz, poulet…) à son pasteur alors qu’il ne prévu rien pour ses propres enfants. Ce fait suscita la haine pour la religion chrétienne en l’un de ses fils.

La bible répond à toutes nos préoccupations. La réponse à cette mère s’y trouve certainement. A notre humble niveau, nous lui disons ceci : mère en quoi est-ce que tu commettrais un péché si tu ne donnes pas en cet instant précis ? S’il s’agit de la totalité de la somme dont tu disposes qui est demandée en appel de fond tu dois agir surtout par conviction au cas où tu le fais. Cependant, saches que ce n’est pas en donnant les 10.000 frs CFA que Dieu te fera forcement avoir 10.0000 les jours qui suivent. Tout est question de foi Dieu ne t’abandonnera pas quelle que soit la décision que tu prendras seulement agit avec sagesse, discernement et foi et aussi selon tes moyens tel que nous le dit ce passage :

« Achevez donc maintenant d’agir, afin que l’accomplissement selon vos moyens réponde à l’empressement que vous avez mis à vouloir. La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu’elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu’elle n’a pas. Car il s’agit non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres, mais de suivre une règle d’égalité : dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins » 2 Corinthiens 8:11-13.

Dieu voit la disposition de ton cœur. Aime le Seigneur, sert-le avec tout tes biens mais surtout fais-le selon tes moyens et ta foi évitant de mettre en péril le bien être de tes enfants.

A propos de l'auteur

Marie Lydie ADON

Marie Lydie ADON

Passionnée d'écriture et chrétienne, je m'efforce de mettre cette passion au service de mon Seigneur Jésus-Christ dans le but de relayer sa Parole qui est vie et vérité.

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